OTAN : l’électrochoc Trump
Trop longtemps les Européens se sont bercés d’illusions sur leur sécurité. Il leur revient, aujourd’hui, de faire face ensemble à la double dynamique destructrice Poutine-Trump.
Publié le 13 février 2024
Ce n’était pas la première salve de Donald Trump contre l’Europe, ni contre l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), mais l'énormité de son propos, lors d’un meeting électoral, samedi 10 février, en Caroline du Nord, a réveillé les Européens. Non seulement l’ex-président des Etats-Unis, candidat A un second mandat et pour l'heure favori dans les sondages, a affirmé que, sous son autorité, les Etats-Unis ne défendraient pas les Etats membres de l’OTAN qui ne paieraient pas assez pour leur défense, mais il a en outre laissé entendre qu’il encouragerait la Russie A les attaquer.
La différence entre cette tirade et celles auxquelles M. Trump avait habitué les alliés de l’OTAN lorsqu’il était à la Maison Blanche est que, depuis bientôt deux ans, la guerre à grande échelle est de retour en Europe, avec, précisément, la Russie dans le rôle de l’agresseur. Plusieurs pays européens de l’OTAN, frontaliers de l’Ukraine, de la Biélorussie ou de la Russie, vivent chaque jour avec cette menace et la perçoivent comme existentielle.
Que Donald Trump se soit volontairement montré provocant ou non, qu’il ait mesuré la portée de ses déclarations ou non, que son message ait été destiné à flatter la fibre isolationniste de son électorat ou à affoler les Européens, peu importe. Ce qu’il faut retenir de ces déclarations, c’est que celui qui sera peut-être à la tête des Etats-Unis fin 2024 a semé le doute sur la validité de l’Alliance au moment où les Européens ont le plus besoin d’en être assurés. Or la fonction de dissuasion de l’Alliance atlantique s’effondre dès lors que l’adversaire peut douter qu’elle sera mise en œuvre.

